Le saviez-vous ? Adieu Aimé…

Le Niger

Nous avons décidé de nous intéresser au travail de médécin du monde et notamment au Niger où cette ONG oeuvre sans relâche. La situation de ce pays d’Afrique est préoccupante suite notamment à une crise nutritionelle présente dans la pays depuis 2005. Avec une population de 14 millions d’habitants, chiffre qu’il faudrait multiplier par quatre en 2050, le pays risque d’être livré à la famine dans les prôchaines années. Au Niger la mortalité infantile touche 1 enfant sur 5 et 1 femme sur 20 décède d’une grossesse.
Gratuité des soins, le cercle vertueux

Avec 63% de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté, le Niger affiche de tristes records en matière de santé. À Keita, MdM met en place une prise en charge gratuite et forme le personnel local pour améliorer accès et qualité des soins.

Il faut parcourir dix longues heures de routes et de pistes depuis la capitale, à travers le Sahel, un paysage de plaines et de collines sableuses ponctuées d’acacias, de champs de mil et de sorgho, pour rejoindre la petite ville de Keita. Ce matin-là, comme toutes les semaines, Rebecca, sage-femme de la mission, entame sa visite à la maternité du centre de santé. Aïchatou, jeune maman touareg de 25 ans, convulse depuis plusieurs heures sans que le personnel médical local ne parvienne à lui venir en aide. Dans la nuit, elle a donné naissance à son premier enfant, seule, à domicile. À la suite de complications, sa famille l’a transportée au centre de santé.« Elle fait un œdème aigu des poumons dû à une insuffisance cardiaque, on risque de la perdre si on n’agit pas rapidement. » Mais l’urgence est un vain mot au Niger. Matériel indisponible et inadapté – une sonde de nouveau-né servira à la désob-struer –, palabres pour obtenir des médicaments, palabres encore pour trouver de quoi remplacer l’ambulance en panne et transporter la patiente dans une maternité mieux équipée à plus d’une heure de piste : « On perd beaucoup de temps et c’est souvent fatal. » Finalement, la jeune maman succombera.

UN MANQUE CRUEL D’INFRASTRUCTURES

Une histoire tragique et pourtant caractéristique de la situation sanitaire au Niger qui souffre d’un réel problème d’infrastructures. « Moins de 50 % de la population est couverte par le système de santé, constate Jean-François Caremel, coordinateur de la mission. Keita compte un seul médecin pour 230 000 habitants. » Le district compte neuf centres de santé, bien en dessous des normes, supervisés par des infirmiers ou, dans le pire des cas, par des agents formés en à peine six mois qui doivent souvent étendre leurs activités sans en avoir les compétences.

Depuis mars 2006, MdMa doté les centres de santé en matériel de base puis l’équipe a formé une quarantaine de personnels soignants. « On a tout repris, le B-A-ba de la consultation, de l’épidémiologie, les statistiques, la petite dermatologie, la prise en charge du paludisme… », raconte Jacques-Olivier Baumy, le médecin de l’association. Aujourd’hui, l’équipe constituée d’expatriés et de personnel local qualifié met l’accent sur le compagnonnage pour une formation plus pratique.

PROJET PILOTE RÉUSSI

En octobre 2006, l’association lance un projet pilote : la mise en place de la gratuité des soins, adoptée au Parlement quelques mois auparavant. Elle s’adresse à un public ciblé : les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Le planning familial est également pris en charge. « C’est la première fois que je viens en consultation et j’en suis à ma huitième grossesse, raconte cette patiente d’Insafari.Avant la gratuité, il fallait vendre un poulet ou une chèvre pour venir se faire soigner. Mais avec des maris qui partent en exode parfois deux ou trois ans, ce n’était pas évident.»

Les premiers résultats enregistrés sont déjà encourageants, les consultations ont plus que doublé. « C’est sacrément magique, il faut s’en rendre compte !» Pour Jean-François Caremel, la gratuité entraîne un cercle vertueux qui devrait résoudre un certain nombre de problèmes. La population se familiarise avec le système de soins et consulte avant que la maladie n’atteigne un stade grave. Une avancée indéniable, notamment pour détecter les signes avant-coureurs de la malnutrition chez les enfants, un problème chronique au Niger.

Depuis cet été, MdM met ses moyens en commun avec l’ONG Action contre la faim pour former le personnel local des centres de santé aux questions de nutrition et fournir des appuis logistiques et techniques. Grâce aux résultats obtenus avec la gratuité dans le district, le gouvernement a décidé en mars dernier d’élargir la formule à l’ensemble du pays. Une décision encourageante pour Médecins du Monde qui espère à terme déléguer au maximum ses activités à l’équipe cadre de Keita.

Reportage de Dorothée Frénot (journaliste) et Isabelle Eshraghi (photographe)

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2 commentaires pour “Le Niger”

  1. 17 avril 2008
    à 10:42

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  2. 4 mai 2008
    à 13:00
    jean Francois

    merci de prendre en considération que l’article parle de l’intervention de medecins du mond ete non pas de medecins sans frontière.
    par ailleurs, il serait intéressant de faire le lien entre le site de medecins du monde dont l’article est tiré et cette page.
    cordialement.
    jean Francois CAREMEL coordinteur des activités d medecins du monde au Niger

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